De Brian Jones à Randy Weston : Tanger, capitale mondiale de la musique
L’histoire artistique de Tanger ne s’écrit pas seulement avec des pinceaux ou des machines à écrire. Depuis plus d’un siècle, la ville joue également un rôle majeur dans les échanges musicaux entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique. Des traditions soufies du nord du Maroc aux expériences du jazz moderne, des Rolling Stones aux musiciens de Jajouka, Tanger a contribué à créer l’une des rencontres musicales les plus fascinantes du XXᵉ siècle.
Une ville ouverte aux influences, sublimée par Paul Bowles
Depuis sa fondation, Tanger est un port. Or les ports sont souvent des lieux où les musiques voyagent aussi facilement que les marchandises. Au fil des siècles, les influences arabes, andalouses, africaines, juives et européennes s’y rencontrent. Cette diversité produit un environnement musical exceptionnel. Les artistes étrangers qui découvrent Tanger sont souvent frappés par la richesse de ces traditions.
L’un des premiers à comprendre l’importance de ce patrimoine est Paul Bowles. Au-delà de son œuvre littéraire, l’écrivain américain mène dès les années 1950 un immense travail de collecte sonore. Équipé d’un magnétophone, il enregistre des musiciens, des chanteurs et des conteurs dans plusieurs régions du Maroc. Ses archives permettent aujourd’hui encore de préserver des traditions qui auraient parfois disparu. Bowles agit ainsi comme l’un des premiers passeurs internationaux de la musique marocaine.

Brian Jones découvre le Maroc
En 1968, Brian Jones, fondateur des Rolling Stones, arrive au Maroc. À cette époque, il cherche de nouvelles sources d’inspiration. Grâce à plusieurs intermédiaires, dont Paul Bowles, il découvre les musiciens de Jajouka. Fasciné, il organise l’enregistrement de leurs performances. Le projet donnera naissance à l’album Brian Jones Presents the Pipes of Pan at Jajouka. Aujourd’hui encore, cet enregistrement est considéré comme l’un des actes fondateurs de la world music.
Jimi Hendrix et le mythe tangérois
Quelques mois plus tard, Jimi Hendrix séjourne brièvement à Tanger. Son passage donnera naissance à de nombreuses légendes. Certaines sont exagérées. D’autres relèvent du folklore local. Mais sa présence suffit à renforcer l’image de Tanger comme destination musicale incontournable. La ville entre alors pleinement dans l’imaginaire du rock international.

Randy Weston, le pont entre l’Afrique et le jazz
L’artiste qui entretient sans doute le lien le plus profond avec le Maroc reste Randy Weston. Né à New York en 1926, ce grand pianiste de jazz découvre le pays dans les années 1960. Contrairement à de nombreux visiteurs, il décide de s’y installer durablement. À Tanger, il fonde l’African Rhythms Club et multiplie les collaborations avec les musiciens marocains. Weston est convaincu que le jazz possède des racines africaines profondes. Le Maroc lui permet d’explorer concrètement cette intuition.
Une influence toujours visible
Aujourd’hui encore, la scène musicale tangéroise reste marquée par cet héritage. Les festivals, les collaborations internationales et les projets artistiques contemporains perpétuent cette tradition de dialogue entre les cultures. La ville continue d’accueillir des artistes venus de différents horizons. Et même si le Tanger des années 1960 a disparu, l’esprit d’ouverture qui a attiré Brian Jones, Randy Weston ou Paul Bowles demeure bien vivant. Car à Tanger, à visiter avec CitizOn, la musique n’est pas seulement un art. Elle est aussi une langue commune entre les continents.
Désolé, le formulaire de commentaire est fermé pour le moment.


