Élie Azagury : Modernité marocaine, mode d’emploi
Casablanca est souvent associée à son architecture Art déco et aux grands plans urbains du Protectorat. Pourtant, une autre page décisive de son histoire architecturale s’écrit après 1956. Une page marquée par la modernité, l’expérimentation et l’affirmation d’une identité nationale.
Au cœur de cette transition se trouve un nom essentiel : Élie Azagury. Premier architecte marocain formé en France à exercer après l’indépendance, il incarne une génération qui a voulu penser la ville autrement.
Dans sa série de podcasts consacrés aux figures qui ont façonné l’imaginaire urbain marocain, CitizOn consacre un épisode à cet architecte majeur. L’objectif : comprendre comment Casablanca est passée d’une architecture coloniale à un modernisme assumé et ancré dans son contexte local.
Élie Azagury, pionnier du modernisme marocain
Né en 1918, Élie Azagury poursuit des études d’architecture en France avant de revenir exercer au Maroc à la fin des années 1940. Il fait partie de cette première génération d’architectes marocains formés aux principes du modernisme international.
Mais contrairement à une simple reproduction de modèles européens, Azagury cherche à adapter l’architecture aux réalités locales :
- climat
- modes de vie
- matériaux disponibles
- besoins sociaux
Après l’indépendance du Maroc en 1956, le pays entre dans une phase de construction intense. Il faut loger, équiper, structurer les villes en croissance rapide. Casablanca devient l’un des principaux terrains d’expérimentation.
Azagury participe activement à cette transformation.
Le Groupe d’Architectes Modernes Marocains (GAMMA)
Élie Azagury est associé au Groupe d’Architectes Modernes Marocains (GAMMA), collectif qui rassemble des professionnels engagés dans la réflexion sur l’architecture post-indépendance.
Leur ambition est claire :
construire un Maroc moderne, sans renier son identité.
Ils défendent une architecture fonctionnelle, épurée, adaptée au climat marocain. Les bâtiments privilégient :
- les volumes simples
- les lignes horizontales
- les terrasses
- les jeux d’ombre
- l’intégration au tissu urbain
Cette approche marque une rupture avec certains codes hérités du Protectorat tout en s’inscrivant dans une continuité urbaine.

Casablanca, laboratoire architectural des années 1950-1960
Dans les décennies qui suivent l’indépendance, Casablanca connaît une croissance démographique rapide. La ville doit absorber de nouveaux habitants, développer des équipements publics et repenser certains quartiers.
Élie Azagury intervient sur différents projets : logements, villas, bâtiments publics. Ses réalisations traduisent une volonté de modernité maîtrisée.
Loin de l’ornementation excessive, ses bâtiments privilégient la sobriété et l’efficacité. Les façades sont structurées, les espaces optimisés, la lumière naturelle valorisée.
Cette architecture s’inscrit dans le mouvement moderniste international tout en répondant aux contraintes locales. Elle participe à la redéfinition de l’image de Casablanca : une ville tournée vers l’avenir, capable d’innover après l’indépendance.
Pourquoi CitizOn consacre un podcast à Élie Azagury
Beaucoup de visiteurs admirent les façades sans connaître les architectes qui les ont conçues.
La démarche de CitizOn consiste à redonner des visages et des trajectoires aux bâtiments. Comprendre l’histoire architecturale d’une ville permet de mieux la lire et de mieux l’apprécier.
Après avoir exploré la période coloniale et l’essor de l’Art déco, il était essentiel de s’intéresser à la génération post-indépendance. Élie Azagury symbolise cette transition.
Le podcast produit par CitizOn propose un portrait accessible :
- son parcours
- ses convictions
- son rôle dans la modernisation du paysage urbain
- son héritage aujourd’hui
Il ne s’agit pas d’un cours d’architecture, mais d’un récit qui permet d’entrer dans l’histoire de la ville à travers un personnage.

Lire la ville autrement
Écouter le podcast consacré à Élie Azagury change le regard porté sur certains quartiers de Casablanca.
Des immeubles des années 1960, parfois perçus comme ordinaires, révèlent une cohérence formelle et une ambition moderniste. Les lignes épurées, les volumes géométriques et l’attention portée à la lumière deviennent visibles.
Les circuits audioguidés proposés par CitizOn permettent justement d’identifier ces différentes strates architecturales :
- période coloniale
- modernisme des années 1950-1970
- développements contemporains
Cette lecture en couches successives aide à comprendre comment Casablanca s’est construite dans le temps.
Le patrimoine moderniste reste aujourd’hui parfois méconnu ou menacé. Certains bâtiments des années 1960 ne bénéficient pas de la même reconnaissance que les immeubles Art déco plus anciens.
Pourtant, ils témoignent d’une étape essentielle : celle où le Maroc indépendant affirme son identité architecturale.
En consacrant un podcast à Élie Azagury, CitizOn contribue à sensibiliser un public large à cette période souvent moins valorisée. L’objectif est de montrer que le patrimoine ne se limite pas aux monuments anciens ; il inclut aussi les architectures modernes qui ont façonné la ville contemporaine.

Explorer Casablanca avec un nouveau regard
Casablanca est une ville de contrastes. Elle juxtapose styles, époques et influences. Comprendre le rôle d’Élie Azagury permet de saisir l’un de ces moments charnières : celui où l’architecture devient un outil d’affirmation nationale.
Le podcast dédié à cet architecte s’inscrit dans la volonté de CitizOn de proposer une exploration urbaine complète :
architecture, histoire, figures marquantes et récits de transformation.
En associant contenus audio et parcours sur le terrain, CitizOn transforme la découverte de la ville en expérience immersive.
Marcher dans Casablanca, après avoir écouté cet épisode, ce n’est plus seulement traverser des rues. C’est reconnaître des intentions, des choix esthétiques et des moments historiques inscrits dans la pierre et le béton.
À travers ses podcasts et ses circuits audioguidés, CitizOn invite à redécouvrir Casablanca comme un territoire d’innovation architecturale et culturelle, où chaque bâtiment raconte une part de l’histoire du Maroc moderne.
Désolé, le formulaire de commentaire est fermé pour le moment.

